INITIATION A LA REALISATION D’UN CROQUIS DE GEOGRAPHIE

La seconde partie des épreuves écrites d’Histoire-Géographie au baccalauréat peut être constituée par la réalisation d’un croquis de géographie : « à partir de ses connaissances et en réponse à un sujet donné, le candidat réalise un croquis de géographie accompagné d’une légende organisée. Le sujet porte sur l’un des thèmes ou ensembles géographiques définis par le programme. Il ne comporte pas de document si ce n’est, éventuellement, quelques brèves données statistiques. Il est accompagné d’un fond de carte (note de service n° 2004-021, RLR 544 0a). »
Cet exercice inquiète souvent des candidats qui prétendent « ne pas savoir dessiner » pour faire l’impasse sur une épreuve que le tirage au sort des sujets risque pourtant de rendre inévitable.
Il suffit cependant de suivre une méthodologie simple, à portée de tous, pour réussir facilement cet exercice qui représente plus d’un tiers de la note finale de l’épreuve d’Histoire-Géographie.
C’est cette initiation que je vous propose aujourd’hui, avec le sujet suivant :
« Inégalités de développement et migrations internationales de travailleurs. »

 

 


planisphère

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme pour tout sujet dans tout type d’exercice, il importe d’abord de bien cerner les limites et implications du sujet.
« Migrations internationales de travailleurs » exclue évidemment les migrations touristiques ou de réfugiés et ce serait une erreur grave de les représenter. Il est parfois tentant d’apprendre par cœur une carte par chapitre de géographie, mais ce serait vous exposer au risque fatal du hors-sujet. Votre croquis doit démontrer votre intelligence du sujet : vous devez sélectionner vos connaissances pour apporter une réponse claire à une question précise.
Pour produire un discours cartographique cohérent et intelligible vous disposez de 2 outils : 1. une grammaire cartographique normalisée, immédiatement compréhensible
2. une légende organisée, qui aide à donner du sens à votre croquis.
La grammaire cartographique consiste à combiner un ensemble de signes, de figurés, qu’on peut désigner comme un vocabulaire cartographique.
Ces signes sont d’autant plus faciles à comprendre qu’ils sont simples et peu nombreux.
Le choix des figurés est essentiel pour la clarté du discours qui s’appuie sur 2 autres éléments :
1. la signification donnée aux couleurs (jouer sur l’effet de dégradé pour les figurés de surface ou varier la couleur de la nomenclature : bleu pour les noms de mers, rouge pour les pays, noir pour les villes)
2. La hiérarchisation de l’information, par exemple en jouant sur la taille des flèches pour les flux.

 

 

vocabulaire




 

 

 

 

 

 

 

La première étape du travail consiste à faire apparaître sur la carte les inégalités de développement par des figurés de surface.
On pourrait utiliser la simple mesure statistique de l’IDH, mais construire une typologie plus précise des différents pays du monde permet de donner du sens à la carte et pose les termes de la démonstration.
Il est possible, et souhaitable, de mémoriser cette typologie pour construire différents croquis sur la mondialisation, mais il faut être capable de l’adapter au sujet proposé.

 

 

 

Pays Industrialisés Développés (PID) à IDH élevé

Pays anciennement communistes en transition

Pays pétroliers à hauts revenus et faible peuplement

Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) et puissances régionales du Sud

Pays En Développement (PED) et Pays Moins Avancés (PMA)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut indiquer ensuite les principales zones de départ et d’accueil des travailleurs migrants en cherchant à insister sur les grandes tendances plutôt qu’en recherchant l’exhaustivité.

 

carré couleur

 

Principales zones d’accueil de travailleurs

Autres zones d’accueil de travailleurs

Principales zones de départ

 

legende

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le principal objectif est en effet de produire un discours clair et lisible. C’est pourquoi on s’efforce de hiérarchiser l’information, en particulier pour représenter les flux.
Encore une fois on ne vous demande pas de tout montrer, mais d’insister sur l’essentiel et l’exemplaire (exemple Guyane française généralisable à l’ensemble des Dom Tom français). Il faut vous limiter à une dizaine, voire une quinzaine, d’informations dans la légende sous peine de produire une carte illisible.

 

 


 

 

Principales zones d’accueil de travailleurs

Autres zones d’accueil de travailleurs

Principales zones de départ

Principaux flux de travailleurs

Travailleurs qualifiés

 

 

 

 

Pour conclure rappelez-vous qu’un croquis de géographie n’exprime pas une vérité absolue mais exprime une réflexion personnelle.
Le croquis proposé ci-contre ne l’est qu’à titre d’exemple, vous pouvez produire d’autres croquis, différents du mien, de celui de votre livre ou de votre voisin.

 

 

La nomenclature participe à la précision et à la lisibilité de la carte. La nature des informations qu’elle donne varie selon l’échelle et le sujet.
D’une façon générale abstenez-vous d’écrire des informations inutiles (nom des océans et continents sur un planisphère) mais apportez toutes les précisions utiles à la compréhension de la carte et du message. Là encore ne négligez pas l’utilisation d’un code de couleur cohérent.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rédaction de la légende doit retenir tout votre soin. Il n’est pas interdit, et je vous le conseille, de présenter les différentes parties de la légende sous forme d’une phrase qui résume votre thèse.